Si la prise d’alcool augmente le risque d’avoir un accident de la route, on oublie trop souvent qu’elle peut avoir de graves incidences sur le lieu de travail même. Certaines professions utilisent au quotidien du matériel à risques comme des engins (nacelle, plateforme de cueille, télescopique…), des machines outils, des outils manuels. Les salariés peuvent évoluer dans un environnement parfois dangereux : travail en hauteur, sol instable, en pente, bordure de route et d’autoroute. La moindre erreur d’appréciation ou d’utilisation d’un matériel peut avoir de graves conséquences. Peut-on conduire en sécurité un chariot élévateur, manipuler un taille haie, travailler sur une ligne de production en état d’imprégnation alcoolique sans risquer de provoquer un accident sérieux ?
Conséquences de l'alcoolisme sur les capacités de travail
L’alcool perturbe la vigilance (effets stimulants ou sédatifs), allonge les délais de réaction, induit des troubles de la concentration (difficulté à effectuer une tâche prolongée) et modifie la perception de l’environnement (distances, topographie des lieux, ….). La tolérance à l’alcool est variable selon les individus, le poids, le sexe, l’état de santé, la prise alimentaire, l’absorption de médicaments ou de drogues. Cependant, personne n’échappe aux effets immédiats de la consommation d’alcool. Le jugement, l’analyse des situations sont altérés. Les prises de décisions et les actions qui en découlent deviennent inadaptées voire dangereuses. Par ailleurs, les buveurs habituels dépendants ou non présentent des atteintes plus ou moins réversibles de leur état de santé : troubles de la vue, de l’équilibre, de la coordination, de la mémoire. Ces atteintes augmentent le risque accidentel au travail, y compris en dehors des périodes de consommation.
Une prévention efficace
La prévention des risques professionnels se préoccupe à juste titre du matériel, des conditions et de l’organisation du travail mais ne doit pas occulter la part de risque liée à la consommation d’alcool.